Mountainside (NJ) anticipe une flambée des STR FIFA, Sydney envisage une interdiction d’Airbnb à l’échelle des quartiers, la France compte les jours avant la date limite Declaloc

Mises à jour des réglementations sur la location de courte durée cette semaine : Mountainside, Sydney et la France ont chacune agi sur des règles touchant les opérateurs de locations de courte durée — l’une resserrant les règles de façon préventive, l’autre lançant une enquête sur une interdiction à l’échelle des quartiers, et la France mettant en vigueur une obligation d’enregistrement nationale longuement planifiée.


Le Borough de Mountainside interdit les locations de courte durée avant l’arrivée de la Coupe du Monde FIFA

  • Le conseil municipal de Mountainside, dans le comté d’Union, New Jersey, a présenté une ordonnance qui interdirait toutes les locations de courte durée de 30 jours ou moins à l’intérieur des limites du borough. La proposition continue d’autoriser les locations de plus de 30 jours. L’ordonnance a passé sa première lecture et devrait revenir pour une prochaine audience publique.
  • Les infractions pourraient entraîner des amendes allant jusqu’à 2 000 $ par jour, y compris pour la simple publication d’une annonce interdite en ligne. L’application de la règle passerait par la procédure existante de violation du zonage du borough, et non via un nouveau régime dédié.
  • Mountainside se trouve à environ 32 km du MetLife Stadium à East Rutherford, NJ — l’un des principaux stades américains du tournoi. Mountainside n’est pas une ville-hôte FIFA ; le borough agit donc de façon préventive, et non en réponse à une projection spécifique.

En savoir plus : Vancouver rejette la stratégie Coupe du Monde d’Airbnb, Mexico reconsidère sa loi Airbnb, la Cour de Valence annule le moratoire sur les logements touristiques

L’avis d’Uvika

  • Mountainside ne figure pas sur la liste des villes-hôtes FIFA, mais se situe à moins d’une heure en voiture du MetLife Stadium et dans la zone de navettage de Manhattan, ce qui la place dans la zone de débordement où les supporters cherchent à se loger quand l’offre dans la ville-hôte diminue. La demande pour le binôme New York–New Jersey s’est accélérée depuis le tirage au sort de décembre — le taux d’occupation était déjà plus de 20 fois supérieur à la même période l’an passé. Reste à surveiller si d’autres municipalités suburbaines à proximité des sites hôtes adoptent des mesures similaires.
  • Pour les gestionnaires ayant du stock dans n’importe quelle ville du New Jersey située à environ 50 km du MetLife — notamment dans les comtés d’Union, Essex, Bergen et Hudson — Mountainside fait figure d’indicateur précoce. Les opérateurs de cette zone devraient vérifier si leur propre conseil municipal a mis à l’ordre du jour une mesure similaire avant de décider d’ajouter de nouveaux biens pour le tournoi.
  • Le contraste avec Hoboken (NJ) est frappant. Hoboken — à portée de vue de Manhattan — reste foncièrement « laissez-faire », et les annonces y explosent au fur et à mesure que les opérateurs se positionnent sur la demande du tournoi. Même État, proximité équivalente d’un site hôte, mais deux approches opposées. À retenir pour les gestionnaires : dans le New Jersey, l’exposition réglementaire varie actuellement d’une rue à l’autre, et pas d’un État à l’autre.
  • Le choix unilatéral de Mountainside pourrait s’avérer une pression pour que le comté d’Union coordonne un cadre à l’échelle du comté, notamment si un boom type Hoboken se produit dans les communes voisines comme Springfield, Berkeley Heights ou Westfield. Reste à voir si les municipalités voisines suivront la même voie.

Entités

MetLife Stadium — Principal site de la Coupe du Monde FIFA 2026, accueillant huit matchs dont la finale du 19 juillet 2026. Le stade se trouve à East Rutherford, dans le comté de Bergen (NJ) — à environ 30 minutes au nord de Mountainside. Sa proximité avec l’aire métropolitaine new-yorkaise en fait l’un des marchés d’hébergement les plus recherchés pendant le tournoi.


Le conseil municipal de Sydney soutient une enquête sur l’interdiction des locations de courte durée à l’échelle des quartiers

  • Le conseil municipal de la Ville de Sydney a adopté une motion fin avril — mardi 28 avril 2026 — chargeant la directrice générale d’enquêter sur de nouvelles restrictions concernant les hébergements de courte durée, y compris une possible interdiction à l’échelle des quartiers. La motion a été soumise par le conseiller Matthew Thompson et appuyée par la conseillère Jess Miller, à l’initiative de la conseillère écologiste Sylvie Ellsmore, et a été adoptée avec un soutien transpartisan.
  • Le périmètre de l’enquête cible 11 quartiers du centre de Sydney comme candidats à une interdiction : Millers Point, The Rocks, Darlinghurst, Woolloomooloo, Ultimo, Haymarket, Kings Cross, Surry Hills, Potts Point, Chippendale et Pyrmont — la formulation « sans s’y limiter » permettant d’ajouter d’autres secteurs.
  • Le mécanisme envisagé : une interdiction serait déclenchée dès qu’un quartier atteint un taux de vacance locative inférieur à 3 %. Selon les données SQM Research, le taux de vacance de la Ville de Sydney était de 1,1 % en mars 2026 (contre 1,3 % en février). Plusieurs quartiers candidats sont déjà en dessous de 2 %.
  • L’interdiction ne viserait que les biens qui ne sont pas la résidence principale de leur propriétaire – les hébergements où le propriétaire y habite à titre principal resteraient donc exemptés, dans la même philosophie suivie par la Ville depuis 2023.
  • Rappel sur le cadre existant : la loi de l’État NSW limite la location de courte durée non-hébergée (STRA) — la catégorie officielle pour la location résidentielle à des voyageurs payants — à 180 jours/an dans le Grand Sydney. Selon la propre analyse de la Ville, 5 454 logements STRA actifs étaient recensés sur le territoire contre 2 468 officiellement enregistrés — un écart que le conseil souligne comme preuve d’un manque d’application de la réglementation de l’État.
  • Stayz a répliqué que la réglementation actuelle de l’État était suffisante et que toute restriction locale supplémentaire rajouterait une complexité inutile pour les propriétaires et les visiteurs. Airbnb a souligné que les locations de courte durée sont essentielles pour l’économie touristique.

L’avis d’Uvika

  • Il s’agit d’une enquête, pas encore d’une interdiction. La motion charge la DG d’étudier le sujet et de présenter un rapport au conseil municipal ; il n’y a donc pas de bannissement immédiat. Plusieurs titres de presse entretiennent la confusion. Les gestionnaires de biens situés dans ces 11 quartiers ciblés devront suivre le prochain rapport du conseil — probablement dans l’année — avant tout changement concret sur le terrain.
  • La situation à Sydney s’inscrit à la convergence d’une question stratégique que RSU soulignait en mai concernant l’offensive hôtelière d’Airbnb : le site d’offres d’emploi Airbnb inclut un poste de Senior Market Manager, Hotels à Sydney, ainsi que des postes similaires à Tokyo et Singapour. Une interdiction à Sydney sur les logements non résidences principales dans 11 zones touristiques créerait précisément le déficit d’offre décrit par Brian Chesky à l’appel résultats du T1 comme l’argument stratégique du pivot hôtelier de la plateforme. Que Sydney soit ou non mentionnée explicitement dans le « Summer Release » du 20 mai, la logique de fond s’en trouve renforcée.
  • Le déclencheur basé sur le taux de vacance est un choix de design opérationnel intéressant. Lier l’interdiction à un seuil de 3 % implique que la mesure s’activerait automatiquement sur la base de données de marché, et non via un vote du conseil à chaque fois. Les seuils de taux de vacance sont de plus en plus utilisés dans les lois sur l’accessibilité au logement à l’international, mais rarement dans le secteur de la location de courte durée. Reste à suivre si la proposition survivra à la phase d’étude.
  • L’exemple de Byron Bay n’est pas anodin. La NSW Independent Planning Commission a déjà validé la limite serrée de 60 jours/an imposée dans le Byron Shire comme mesure en faveur du logement abordable. L’enquête à Sydney s’appuie sur ce précédent. Notons que l’université de Sydney a présenté lors d’un événement du conseil de Byron du 8 mai que le plafonnement à 180 et 60 jours/an en vigueur n’a pas réduit la part de marché d’Airbnb dans les villes côtières du NSW — l’efficacité réelle de ces limites est contestée, même si leur attrait politique grandit.

Entités

Short Term Rental Accommodation (STRA) — Catégorie officielle dans le schéma d’aménagement du NSW couvrant toute location de résidences à des voyageurs payants pour de courtes durées. Le cadre actuel de l’État limite la STRA non-hébergée (où le propriétaire n’est pas sur place) à 180 jours/an dans le Grand Sydney ; la STRA hébergée (propriétaire sur place) reste illimitée. Les conseils locaux peuvent à peine s’écarter unilatéralement de cette règle ; la NSW Independent Planning Commission peut valider des exceptions à l’échelle locale si la question du logement abordable est en jeu, comme ce fut le cas pour la limite de 60 jours du Byron Shire.

Rental Scale-Up recommends Pricelabs for Short Term Rental Dynamic Pricing

City of Sydney LGA (Local Government Area) — Collectivité locale couvrant le centre-ville et les quartiers centraux de Sydney, avec environ 230 000 habitants. À distinguer du « Grand Sydney » (aire métropolitaine plus large). Les décisions du City of Sydney LGA ne s’appliquent qu’aux quartiers inclus dans son périmètre, qui comprennent les 11 secteurs en cours d’étude.


L’obligation d’enregistrement Declaloc arrive dans 9 jours en France — mais le portail est reporté

  • La loi Le Meur — la législation française de 2024 sur la location de courte durée (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024), surnommée « loi anti-Airbnb » en référence à ses principales instigatrices Annaïg Le Meur et Iñaki Echaniz — impose une obligation nationale d’enregistrement à partir du 20 mai 2026. Le portail s’appelle Declaloc, finalisé par le décret 2026-196 du 19 mars 2026.
  • Correction importante par rapport aux informations rapportées : le 20 mai marque l’entrée en vigueur de l’obligation légale — pas la mise en ligne du portail Declaloc. La Direction générale des entreprises (DGE) a indiqué que la version finale du portail « propriétaires » ne sera pleinement opérationnelle que dans le deuxième semestre 2026. Les hôtes dans les communes disposant de systèmes locaux (Paris, Lyon, Bordeaux, Marseille, Nice, etc.) doivent continuer à s’enregistrer via ces canaux. Les numéros d’enregistrement locaux resteront valides pendant la période de transition vers le système national.
  • À compter du 20 mai, tout meublé de tourisme — la catégorie juridique française de location touristique meublée — devra disposer d’un numéro d’enregistrement Declaloc, y compris les biens opérant déjà depuis des années sous un régime d’enregistrement local. Une fois délivré, le numéro devra figurer sur toutes les annonces, sur toutes les plateformes.
  • Sanctions prévues par l’article 4 de la loi : amende jusqu’à 10 000 € pour défaut d’enregistrement sur le portail national, jusqu’à 20 000 € pour fausse déclaration ou usage d’un faux numéro d’enregistrement.
  • La loi accorde aux maires des pouvoirs de contrôle accrus, notamment la possibilité d’abaisser, par simple résolution, le plafond national de 120 jours/an à 90 jours pour les résidences principales, et d’appliquer des règles plus strictes dans les zones en tension. Par ailleurs, les copropriétaires peuvent désormais voter l’interdiction de la location de courte durée dans leur immeuble à la majorité des deux tiers sous conditions — un pouvoir donné directement aux résidents, et non aux maires.
  • Le 20 mai correspond aussi à la date limite du Règlement UE 2024/1028 sur le Single Digital Entry Point, applicable à l’ensemble des 27 États membres. Les deux dispositifs sont coordonnés mais techniquement distincts : Declaloc est la version française du portail unique, le règlement européen vise le partage de données entre plateformes, hôtes et autorités nationales.

L’avis d’Uvika

  • C’est le sujet opérationnel à suivre en priorité pour tout gestionnaire de biens en France — mais la réalité sur le terrain est plus nuancée que ne le laisse penser la deadline du 20 mai. L’obligation légale d’avoir un numéro d’enregistrement prend effet le 20 mai. Le portail Declaloc lui-même est reporté à T4 2026. Les hôtes dans des communes dotées de systèmes locaux doivent vérifier la conformité de leur numéro actuel ; ceux situés dans des communes sans obligation jusqu’ici se retrouvent dans une situation plus incertaine et doivent surveiller de près la communication de la DGE.
  • La structure des amendes mérite attention. Le plafond de 10 000 € concerne les manquements procéduraux (absence d’enregistrement). Le plafond de 20 000 € vise les déclarations ou numéros frauduleux — un manquement matériel. Ce doublement traduit une intention d’axer la répression sur la fraude, plus facile à prouver et politiquement plus acceptable. Paris a déjà prononcé près d’un million d’euros d’amendes rien qu’au T1 2026, et neuf autres grandes villes appliquent ce même cadre national.
  • Pour les gestionnaires exploitant plusieurs villes — Paris, Nice, Lyon, Bordeaux, Marseille — les nouveaux pouvoirs du maire sont l’enjeu à plus long terme. Le fichier national permet aux maires d’accéder à la base pour contrôler ; dans les villes sous tension, cet outil pourrait conduire à un tour de vis réglementaire dans les mois suivant la deadline.
  • L’articulation avec le règlement SDEP européen mérite attention. Les deux obligations entrent en vigueur le même jour, pour les mêmes logements, et nécessitent la coordination des plateformes. Le retard du portail Declaloc crée une incertitude opérationnelle pour les hôtes, surtout dans les communes sans canal local d’enregistrement préalable.

Entités

Loi Le MeurLoi française renforçant les outils locaux de régulation des locations touristiques (loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024). Elle renforce l’alignement fiscal entre locations touristiques et bail classique, crée l’obligation de diagnostic DPE pour les meublés, et instaure le système national Declaloc dont l’obligation entre en vigueur le 20 mai 2026 (mais avec un portail reporté à T4 2026).

Declaloc — Portail national unique d’enregistrement des meublés de tourisme mis en place par la loi Le Meur et finalisé par le décret 2026-196 du 19 mars 2026. Remplace la mosaïque de systèmes locaux par une base unique interrogeable par les mairies et l’État. La DGE a confirmé que la version finale du portail « propriétaires » ne sera pleinement disponible qu’au second semestre 2026 ; les numéros locaux restent valables pendant la transition.


Restez informé des tendances réglementaires en location de courte durée et de leur impact sur votre environnement d’exploitation.